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Campagne « Zéro mercure » dans les ASM

La persistance de l'exploitation artisanale clandestine de l'or en Côte d'Ivoire bien qu'illégale, ne cesse de prendre de l'ampleur depuis ces dix dernières années. L’exploitation des mines d’or artisanales à petite échelle s’est propagée sur l’ensemble du territoire notamment à Bouna, Kokumbo, Katiola, Soubré, Niakaramadougou, Bouaflé, Tabou, Nero, Grabo, Buyo, Sassandra, Issia, Zérobo, Toulepleu, Guiglo, Taï, Odienné, Zévasso, Tongon, Aboisso, Zoukougbeu, Gboguhé, Dimbokro etc.

Aux nombres des causes de ce type d’exploitation, on pourrait citer la mévente des produits agricoles traditionnels (cacao et café) et surtout l'ignorance des impacts négatifs à moyen et long termes de l'orpaillage sur le milieu biophysique et humain par la plupart des acteurs impliqués dans la filière (Goh, 2016).

En effet, l’activité minière aurifère est source d'impacts et d'enjeux environnementaux et sanitaires considérables, variables selon le contexte écologique, les méthodes d'extraction et le type de "minerai". Les impacts et enjeux sont notamment paysagers, sanitaires, écologiques et hydrogéologiques. Divers moyens d'analyse des risques ont été produits, par exemple fondés sur une évaluation du danger, puis une évaluation du risque d'exposition à ces dangers (des humains, des animaux, de l'écosystème), puis une évaluation des problèmes de toxicité, d'écotoxicité ou d'impacts en terme d'écologie du paysage ou «de la relation dose-réponse et la caractérisation du risque», avant, pendant et après l'exploitation. Il n’existe pas actuellement de moyen de produire des quantités importantes d’or sans conséquences pour l'environnement. 

Sa pollution étant silencieuse, l’exploitation artisanale de l'or, communément appelée « orpaillage » en Côte d’Ivoire demeure un danger qui, à long terme, serra l’une des grandes causes de la destruction de l’environnement. Au sens du code minier ivoirien (Code Minier Ivoirien, 2014), l’exploitation artisanale n’utilise « ni produits chimiques, ni explosifs et n'est pas fondée sur la mise en évidence préalable d'un gîte ou d'un gisement ». Mais dans la pratique et dans les faits, ne pollution silencieuse au mercure s’est installée depuis de nombreuses années, et les exploitants semblent demeurer ignorants du danger qu’ils encourent et qu’ils font encourir aux populations et au pays en général. 

Le mercure est un neurotoxique particulièrement dommageable pour le développement du fœtus et des jeunes enfants. Une fois relâché dans l’environnement, le mercure peut se diffuser sur de grandes distances dans l’atmosphère et causer une contamination globale  des écosystèmes, poissons, oiseaux et mammifères, tout au long de la chaine alimentaire. Le mercure affecte le développement et le fonctionnement du cerveau et du système nerveux central (Programme des Nations Unies pour l’environnement, 2012 ; Gibb, et al., 2014). Les communautés minières utilisant le mercure peuvent être exposées de façon plus importante si l’on n’y prend pas garde.

La problématique sur le mercure est aujourd’hui au cœur des préoccupations de la communauté́ internationale. Elle a fait l’objet d’une Convention internationale en octobre 2013 et signée par la Côte d’Ivoire. Cette Convention dite « Convention de Minamata » donne une place importante à l’exploitaon minière arsanale et à pete échelle (EMAPE) en son arcle 7 et à l’annexe C (Convention de Minamata sur le mercure , 2013). C’est le seul secteur qui a fait l’objet de dispositions spécifiques dans cet important instrument. Cette attention particulière est jusfié par le caractère hautement polluant du secteur de l’EMAPE. En effet, il constitue la plus grande source de pollution par le mercure au monde (eau et air). C’est également la deuxième plus grande source de pollution atmosphérique par le mercure au monde derrière la combustion au charbon (Programme des Nations Unies pour l'environnement, 2014).

Il est donc nécessaire pour les orpailleurs de réduire et d’éliminer autant que possible, les rejets directs de mercure qui se propagent sous forme liquide au cours des opérations d’amalgamation du concentré d’or dans les sols dont le lessivage par les eaux de ruissellement favorise la mobilisation et la dispersion des métaux lourds dans l’environnement, en l’occurrence dans les eaux de surface (fleuves, rivières, lacs, barrages) et dans les eaux souterraines par infiltration. Ce projet doit pouvoir favoriser et renforcer la prise de conscience des différents acteurs du secteur de l’exploitation artisanale de l’or, afin de prévenir l’exposition des populations vulnérables au mercure, y compris les nourrissons, les enfants et les femmes en âge de procréer, et notamment les femmes enceintes. 

Groupe de Recherche et de Plaidoyer sur les Industries Extractives

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